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AS Guelmeur

[DANS LA PRESSE] Jean-Claude Goasduff : « La fin de la salle Cerdan a précipité la nôtre »

Alors qu’il vient d’entériner la dissolution de Brest Basket Sports, Jean-Claude Goasduff tourne la page d’une épopée démarrée en 1974.

S’attabler avec Jean-Claude Goasduff, c’est se garantir d’une kyrielle d’analepses, toutes plus croustillantes les unes que les autres. Ainsi, lorsqu’il quitte le FL Saint-Marc en 1974, c’est pour créer, avec quatre compagnons, la section basket de l’AS Guelmeur : « nous n’avions pas un franc en caisse. On a alors participé au départ du Tour de France à Brest comme bénévoles pour recueillir de quoi acheter des tee-shirts blancs aux joueurs sur lesquels nous inscrivions leur numéro au marqueur » rembobine Jean-Claude dit « Django » du nom d’artiste qu’il emploie pour ses spectacles de magie, son autre passion : « aujourd’hui, j’ai remisé le chapeau haut de forme et la baguette magique. Mon lapin est mort le mois dernier et mes colombes coulent des jours tranquilles ».

Hyperactif de l’organisation, Jean-Claude Goasduff va donc pousser le Guelmeur à monter des manifestations pour remplir les caisses du club. De 1988 à 2022, il va faire venir à Brest les meilleures équipes de basket de l’Hexagone, d’abord, puis du reste de l’Europe : « on a eu tout le gratin français et européen. Ce fut l’occasion de tisser des amitiés sincères nouées au fil des années avec Pierre Seillant et Gérard Bouscarel de Pau-Orthez, Fred Forté de Limoges, Christophe Le Bouille du Mans et Guy L’Heureux de Mons-Hainaut en Belgique. On était devenu le deuxième tournoi d’avant-saison le plus important de France après Angers ».

« Un entraîneur qui incarne Brest »

Devenu un rendez-vous incontournable pour les Brestois, le tournoi des As de Brest Basket Sports a marqué la mémoire de tous avec ses coups d’éclat toujours intacts dans la mémoire de son infatigable organisateur : « pour la vingtième édition, Pau-Orthez menait jusqu’au buzzer où le Portoricain de Saint-Petersbourg, Bobby Joe Hatton, marqua du milieu du terrain pour offrir la victoire à son équipe. Je garde toujours en mémoire la clameur venue du public à cet instant… ». Mais, Django n’oublie pas, non plus, les coups pris ici et là dans cette incroyable aventure humaine entièrement désintéressée : « notre tort est d’avoir réussi en tant qu’indépendant. Une marque typiquement brestoise à laquelle j’associe Louis Aminot, le meilleur adjoint aux sports que la Ville de Brest ait eu. Quand je vois le Guelmeur en Nationale 3 aujourd’hui, j’éprouve une grande fierté car on a là des dirigeants jeunes totalement éloignés des tourments de l’histoire chaotique du basket brestois. Nous, nous avons arrêté en raison de la disparition de la salle Cerdan qui n’a pas été remplacée à ce jour.

D’ailleurs, tant que Brest ne construira pas une salle digne de ce nom avec un parquet-bois, rien ne sera possible » constate celui qui conserve, toutefois, un espoir de voir la cité du Ponant recouvrer, un jour, le haut niveau : « pour cela, il faut remettre les bases en place avec un entraîneur-bâtisseur, un homme qui incarne Brest comme le fut le regretté Yves-Marie Vérove. C’était un homme nature qui se moquait des contingences pour vivre son rêve à fond. Nous avions une estime mutuelle et une amitié réelle. Brest est une ville de basket mais cela prendra certainement du temps pour revoir du haut niveau chez nous » conclut Jean-Claude, avec la placidité de ses 81 ans, sous l’œil éternellement protecteur de la douce Suzanne : « sans elle, je n’aurais probablement pas connu tout ça ».

Source : Le Télégramme de Brest